Manifeste du fondateur

Je suis médecin

Depuis de nombreuses années, j’accompagne des personnes confrontées à la douleur : physique, psychique, existentielle. Dans les salles d’opération et les soins intensifs, dans les consultations de douleur chronique et parfois au chevet de ceux qui arrivent au terme de leur vie.

La médecine moderne est remarquable. Elle a accompli des progrès extraordinaires. Elle sait réparer des organes, remplacer des articulations, prolonger la vie.

Et pourtant, au fil des années, une question a commencé à grandir en moi. Une question simple, mais essentielle : et si la médecine avait oublié quelque chose de fondamental ?

Le chemin de la rupture

Pendant longtemps, j’ai vécu comme beaucoup de médecins: dans le mouvement permanent, l’urgence, la responsabilité. Toujours avancer, toujours décider, toujours agir.

J’étais engagé, passionné, profondément investi dans ma mission.

Mais à un moment donné, la machine s’est arrêtée.

En 2017, en dernière année de ma spécialité, j’ai traversé un burn-out.

Ce n’était pas l’épuisement. C’était quelque chose de plus profond : une perte de sens radicale.

Autour de moi, j’observais mes aînés, ces médecins chevronnés âgés de 40 à 55 ans, qui auraient dû incarner la réussite professionnelle. Et pourtant, ce que je voyais ne ressemblait pas au bonheur. Ce que je voyais ne ressemblait pas à l’épanouissement.

Je les voyais utiliser des stratégies inefficaces pour gérer leur stress : fumer, boire de l’alcool, être désagréables avec leurs collègues. Je les voyais déshumaniser progressivement leurs patients, les réduisant à des pathologies, à des cas, à des parties du corps à opérer.

Je voyais cette violence sourde se propager dans leur vie personnelle : l’intolérance envers leur propre famille, l’adultère, le temps excessif passé sur les plateformes de streaming et les réseaux sociaux, et toutes ces dérives classiques qui deviennent presque banales dans notre société.

Et je me suis posé une question brutale : est-ce vraiment cela, mon avenir ?

Je ne pouvais pas me résoudre à suivre ce chemin. Je ne voulais pas devenir cette version-là de moi-même.

Sur le moment, j’ai vécu mon burn-out comme un échec. Avec le recul, je comprends aujourd’hui que c’était une invitation : une invitation à ralentir pour écouter plus profondément, à regarder la vie autrement, à chercher un autre modèle.

C’est à ce moment-là que mon regard sur la médecine et sur l’existence elle-même, a commencé à se transformer.

L’élargissement du regard

J’ai commencé à explorer d’autres dimensions du soin : l’hypnose médicale, les approches corps-esprit, le coaching santé et bien-être, l’aromathérapie, l’Ayurveda, la yogathérapie et les traditions de sagesse anciennes.

Non pas pour abandonner la science, mais pour l’élargir.

Car plus j’avançais, plus une évidence apparaissait : la souffrance humaine ne peut pas être réduite à une simple équation biologique.

Le corps parle. Les émotions parlent. L’histoire personnelle parle.

Et derrière tout cela… il existe quelque chose de plus subtil : la conscience.

Au-delà du matérialisme

Nous vivons dans une époque profondément matérialiste. Nous avons appris à croire que seule la matière existe : ce que l’on peut mesurer, observer, quantifier.

Mais si l’on pousse cette logique jusqu’au bout, une question apparaît : alors l’amour n’existe pas ? La compassion n’existe pas ? L’intuition n’existe pas ?

Et pourtant, chacun de nous sait que ces réalités sont parmi les plus puissantes de notre existence.

Nous ne voyons pas les ondes radio, pourtant elles existent. Nous ne voyons pas les champs électromagnétiques, pourtant ils agissent.

Pourquoi refuserions-nous d’explorer avec la même ouverture les dimensions plus subtiles de l’être humain ?

La science rejoint la conscience

Aujourd’hui, les neurosciences ouvrent des perspectives fascinantes. Elles montrent que la conscience transforme le fonctionnement du cerveau, que la méditation modifie la plasticité neuronale, que l’attention influence profondément l’expérience de la douleur.

La physique moderne elle-même nous rappelle que la réalité est bien plus mystérieuse que nous le pensions. La matière n’est pas aussi solide qu’elle en a l’air. L’univers est constitué d’énergie, de champs et de relations invisibles.

Nous sommes encore loin de comprendre toutes les dimensions du vivant. Mais une chose devient de plus en plus claire : la conscience joue un rôle central.

L’âme : une dimension fondamentale

Au fil de mon parcours, une intuition s’est imposée : et si la conscience n’était pas seulement un produit du cerveau, mais une dimension fondamentale de l’être humain?

Dans de nombreuses traditions à travers le monde, cette dimension porte un nom simple. Un mot ancien. Un mot que la science moderne hésite encore parfois à prononcer, comme s’il appartenait au domaine de la croyance plutôt qu’à celui de l’expérience.

Ce mot est : l’âme.

L’âme n’est pas une abstraction théorique. C’est une expérience intime que chacun peut faire lorsqu’il se reconnecte à ce qui est profondément vivant en lui.

Ce sentiment, que nous avons tous connu au moins une fois, d’être plus qu’un corps biologique. Plus qu’un rôle social. Plus qu’une fonction, un métier, un statut.

Ce sentiment d’être un être conscient, unique, relié à quelque chose de plus vaste.

Certains l’ont ressenti en contemplant un coucher de soleil. D’autres en tenant leur enfant pour la première fois. D’autres encore dans un moment de silence profond, ou face à la beauté de la nature, ou dans l’intensité d’une création artistique, ou dans la prière.

Ce moment où le temps semble s’arrêter. Où le mental se tait. Où quelque chose de plus profond émerge.

C’est cela, l’âme. La dimension la plus vivante, la plus réelle de notre être.

La spiritualité : une expérience universelle

Au-delà des cadres et des systèmes de croyance, il existe une dimension que de nombreuses traditions à travers le monde ont explorée : la spiritualité.

La spiritualité n’est pas un système extérieur à adopter. C’est une expérience vivante, accessible à chacun.

 

Elle s’adresse à ceux qui sont prêts à écouter leur voix intérieure. Elle invite à l’exploration intérieure et à l’alignement avec les lois universelles. Elle ouvre un chemin vers la paix intérieure. Elle rappelle ce qui nous unit au-delà de nos différences. Elle encourage les questions et la recherche personnelle. Elle nous invite à habiter pleinement le moment présent.

Et peut-être la phrase la plus profonde de toutes : nous ne sommes pas des êtres humains vivant une expérience spirituelle. Nous sommes des êtres spirituels vivant une expérience humaine.

Cette vision nous rappelle une chose essentielle : la spiritualité n’est pas réservée à une élite ou à un groupe particulier. C’est une dimension naturelle de l’être humain, que chacun peut explorer selon son propre chemin, selon ses propres croyances, selon sa propre quête de sens.

La naissance de SOMA CONSCIA

C’est de cette prise de conscience qu’est né SOMA CONSCIA.

SOMA signifie le corps vivant. CONSCIA signifie la conscience éveillée.

SOMA CONSCIA repose sur une conviction simple : le corps et la conscience sont profondément liés.

Mais cette vision ne concerne pas uniquement la médecine. Elle concerne toute la société : nos écoles, nos entreprises, nos institutions, nos gouvernements, nos systèmes judiciaires, nos forces de sécurité etc.

Partout où il y a des êtres humains… il y a de la conscience.

Et pourtant, nos sociétés ont souvent oublié de cultiver cette dimension. Nous avons appris à former des experts, mais rarement à développer des êtres humains conscients.

SOMA CONSCIA est né pour ouvrir un espace différent : un espace où la science et la conscience peuvent dialoguer, où les savoirs modernes rencontrent la sagesse humaine, où chacun peut se reconnecter à ce qui est profondément vivant en lui.

La qualité de la présence

Pendant longtemps, j’ai vécu comme beaucoup d’entre nous: pris dans le mouvement permanent, toujours occupé, toujours pressé.

Je pensais que la solution consistait à ralentir. Mais j’ai découvert quelque chose de différent : ce n’est pas le rythme qui transforme la vie, c’est la conscience avec laquelle nous habitons ce rythme.

Aujourd’hui, ma vie n’est pas lente. Je continue à exercer la médecine, à accompagner mes patients au bloc opératoire, aux soins intensifs et aux soins palliatifs, à faire des gardes de 24h, à traiter la douleur, à écrire, transmettre et développer de nouveaux projets.

Les journées sont pleines. Le temps, objectivement, reste limité.

Et pourtant, quelque chose a profondément changé.

Lorsque l’on agit aligné avec son âme, avec son soi profond, avec ce que certaines traditions appellent le dharma… le rapport au temps se transforme. Le temps ne semble plus se contracter. Il s’élargit.

Au bloc opératoire, je peux enchaîner les patients avec efficacité pour éviter les pertes de temps inutiles entre les interventions. Mais dans ces mêmes instants, je prends aussi le temps essentiel : le temps de rassurer un patient, le temps d’un regard, le temps d’un mot qui apaise.

Car l’efficacité ne doit jamais se faire au détriment de l’humanité.

Cette conscience transforme la qualité de chaque instant. Elle permet d’être pleinement présent dans l’action : présent avec ses patients, présent avec ses collègues, présent avec ses proches.

Et lorsque chaque moment est habité avec présence, chaque minute devient plus riche.

Je peux mener plusieurs projets, exercer mon métier avec passion, créer, transmettre, bâtir de nouvelles initiatives. Et pourtant, j’ai aussi l’impression de profiter davantage de la vie.

Car ce qui change n’est pas la quantité de temps. C’est la qualité de la présence.

Une invitation à l’écoute

Je ne prétends pas détenir la vérité. Mais je suis convaincu d’une chose : notre époque a besoin d’une nouvelle alliance.

Une alliance entre la science et la conscience. Entre la connaissance et la sagesse. Entre la matière et l’âme.

Si SOMA CONSCIA peut contribuer, même modestement, à ouvrir cette voie… alors ce projet aura déjà accompli quelque chose d’essentiel.

Image de Haresh NAIK

Haresh NAIK

Médecin anesthésiste-réanimateur, soins palliatifs & algologue (douleur chronique).
Yoga thérapeute.